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La chute du mur de Berlin

Le mur de Berlin -  expression concrète du rideau de fer (évoqué pour première fois par Winston Churchill lors de son discours prophétique de Fulton) est le symbole incontestable de la Guerre froide.

A la fin de la deuxième Guerre mondiale, l’Allemagne est divisée en quatre zones d’occupation correspondant à chacune des puissances vainqueurs. La mésentente entre les occidentaux (Etats-Unis, France et Grande Bretagne) et les leaders de l’URSS conduira à la création de deux Etats allemands indépendants en 1949 : la République fédérale allemande (RFA) à l’ouest et la République Démocratique allemande (RDA) à l’est.

En 1952, la RDA ferme sa frontière avec la RFA pour contrer l’exode de sa population, attirée par la liberté et la prospérité. Cependant, Berlin constituait un « trou » dans cette frontière qui permettait à l’exode de se poursuivre. Entre 1949 et 1961 plus de 2,5 millions d’allemands de l’est passeront à l’ouest.

Malgré le fait que le 15 juin 1961 Walter Ulbricht ai démenti la construction d’un mur, le 13 août 1961 Berlin ouest se réveille encerclé par des barricades. Le mur, édifié en plusieurs étapes, symbolisera le gel de la situation et tentera de contenir par la force le manque de crédibilité du modèle soviétique causé par l’exode massif de sa population.

L’année 1989 en Europe

L’arrivée au pouvoir de Gorbatchev en 1985 marque un tournant décisif. Son souci de reforme du système économique et politique soviétique à travers des politiques de restructuration et transparence (Perestroïka et Glasnost) va surtout influencer la politique extérieure de l’URSS.

La nouvelle politique extérieure de Gorbatchev avait pour objectif de mettre fin à la course aux armements qui gangrénait l’économie soviétique. Gorbatchev déclara vouloir mettre fin à la confrontation entre les blocs. Son abandon de la doctrine Brejnev de souveraineté limitée, remplacée par la doctrine « Sinatra », précipitera les événements. Désormais, les régimes communistes des pays satellites de l’URSS ne pouvaient plus compter sur le soutien de celle-ci pour se maintenir, et ils finiront par céder aux pressions de leurs populations.

En effet, différents pays de l’Europe de l’est sont contraints de céder aux mouvements populaires qui réclament des reformes « à la Gorbatchev ». En Pologne, le mouvement Solidarnosc est légalisé ; la Hongrie décide l’ouverture de sa frontière avec l’Autriche ; Vaclav Havel est élu président de Tchécoslovaquie lors de la Révolution de velours ; en Roumanie, Ceausescu est assassiné.

« Wir sind das Volk »

En RDA, le régime dirigé par Erich Honecker va résister aux manifestations de la population civile demandant plus de libertés en refusant d’introduire des reformes au chant de « Wir sind das Volk », « nous sommes le peuple ». Mais il va être désavoué publiquement par Gorbatchev, qui s’était rendu en RDA pour célébrer le 40ème anniversaire de la République populaire, et donc contraint de démissionner.

Le 9 novembre à la fin d’une conférence de presse, le porte-parole du parti unique de RDA, Günter Schabowski procéda à la lecture d’un règlement levant les restrictions au voyage en RDA. Des milliers de berlinois de l’est décidèrent aussitôt de se rendre aux postes de passage pour vérifier ce qu’ils venaient d’entendre à la télévision.

Devant la marée humaine, et faute de consignes des dirigeants de la RDA et de Moscou, les garde-frontières décidèrent d’ouvrir la frontière. La chute du mur de Berlin marque ainsi la fin des régimes communistes et la victoire des valeurs démocratiques et l’Etat de droit, origines de la construction européenne, qui reçoit alors une nouvelle impulsion.

L’Europe, libérée, prend conscience qu’elle doit poursuivre son intégration. La réunification allemande, effective le 3 octobre 1990, se fera dans le giron d’une Communauté européenne rendue plus politique grâce au traité de Maastricht de 1992. Avec ce traité, qui crée la citoyenneté européenne et envisage une politique extérieur et une monnaie communes, l’Europe jouera un rôle important dans cette « réunification ».

Dès 1989, des fonds d’aide aux anciens pays communistes sont mis en place et ces pays signent des accords en vue d’une future adhésion à l’Union européenne. Véritable big bang pour l’UE, en 2004, dix nouveaux pays dits « PECO » entrent dans l’UE, suivis en 2007 par la Roumanie et la Bulgarie.

En remplissant les critères de Copenhague exigés lors de l’entrée dans l’Union européenne, ces pays ont effectué de profonds changements dans leurs systèmes économique et politique pour s’adapter aux standards fixés par les pays de l’Europe occidentale. Cependant, ce grand élargissement a aussi profondément transformé l’Union européenne.

L’Europe - les nouveaux défis

L’Europe est devenue plus hétérogène et son fonctionnement à 27 membres s’est complexifié. De plus, l’Union n’a pas réussi à se rapprocher ses citoyens, lesquels perçoivent souvent l’Union comme étant trop éloignée de leurs préoccupations. Le fossé qui s’est creusé entre les citoyens et l’Union s’est notamment exprimé lors du rejet du Traité Constitutionnel en 2005, pourtant censé simplifier son fonctionnement et rapprocher l’Union de ses citoyens.

La reprise du défunt traité Constitutionnel par le traité de Lisbonne, devrait permettre à l’Union de renforcer le lien avec ses citoyens. Le rôle accru du Parlement européen dans l’adoption des actes législatifs, l’introduction de l’initiative citoyenne ou le caractère obligatoire que revêtira la Charte des droits fondamentaux ouvre la porte à une plus grande politisation de l’Union européenne.

Personne ne doute aujourd’hui que l’Europe ne peut continuer à se construire sans ses citoyens. Reste à savoir si l’Union, les pays membres et les citoyens sauront saisir l’opportunité offerte par ce nouveau traité et construire une Europe plus proche de la population, plus unie, et donc plus forte pour affronter les enjeux de ce nouveau siècle.